Luc 9, 7-9

Des rumeurs circulent autour de la personne de Jésus, et elles viennent jusqu’aux oreilles d’Hérode. Ce qu’il entend le rend perplexe et vient perturber ce que sa conscience pressent de la grandeur et du mystère de Jésus.

Les rumeurs, les murmures cachés, les « on dit », engendrent toujours un malaise car ils se répandent et se déforment au gré des messagers honnêtes ou malhonnêtes qui les colportent, avant de s’ancrer dans les mémoires. Quand nous sommes les auteurs ou les auditeurs de rumeurs, rappelons-nous la pédagogie du curé d’Ars à une femme qui venait s’accuser du mal qu’elle avait dit de quelqu’un. Il lui donna comme pénitence de plumer un poulet au sommet d’une colline, de rassembler toutes les plumes et de les lui rapporter. La pauvre femme n’y arriva pas car le vent les avait emportées dans toute la plaine. Telle est la rumeur … elle se répand, et sur son passage, détruit celui qui la colporte, celui qui la laisse entrer dans son cœur et celui qui en est l’objet !

Hérode, inquiet et perplexe, ne veut pas s’arrêter aux rumeurs qu’il entend sur Jésus, mais il cherche à le rencontrer personnellement.

Ainsi, malgré toute son ambiguïté, Hérode nous ouvre malgré lui, à la grande tradition de la garde du cœur : ne laissons pas entrer des paroles sur autrui qui nuisent insidieusement, ne les laissons pas sortir de notre cœur non plus, abandonnons les « on dit », à la faveur d’une rencontre personnelle avec les autres. C’est l’unique voie qui nous conduira à la connaissance des autres et de Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie .

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