Matthieu 25, 31-46

LE RECONNAÎTRE…
« Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? »
Difficile de voir le Seigneur face-à-face… nos Pères dans la foi, —tel Jacob le reconnaissant après coup ou tel Moïse se voilant le visage—, ne pouvaient le voir sans craindre de mourir. 
Difficile aussi de le reconnaître dans nos aujourd’huis, de discerner ses pas dans nos vies, tant nous sommes loin de lui et parfois prêts à l’accuser de désertion au moindre échec, drame personnel ou catastrophe planétaire. Même le souffrant d’Ademar de Barros éprouve la fidélité de Dieu dans son malheur, avant de recevoir de lui cette certitude : « Je ne t’ai pas abandonné : les jours où tu n’as vu qu’une trace de pas sur le sable sont les jours où moi je te portais ! ». Dans toutes ces expériences de théophanies bibliques ou spirituelles, c’est, en quelque sorte, le Dieu d’en Haut qui se penche sur son humble créature du bas.
Présence

Aujourd’hui, notre méditation nous conduit à le rencontrer par un autre chemin… par un renversement qui est une conséquence directe de son Incarnation qui a fait de Jésus notre semblable de notre chair, de notre sang, et de nos cendres (par sa souffrance et par sa mort sur la Croix). 

Ainsi, le Jésus historique a été entendu, vu et contemplé des yeux de ses contemporains, et même touché de leurs mains. Ils le confessent et l’annoncent à tous ceux qui sont venus et viendront après eux, ils ont vraiment fait l’expérience du Verbe de vie, du Dieu Vivant.
Tout au long de sa vie sur terre, Jésus, dans son identification profonde aux plus pauvres… (c’est-à dire aux affamés, assoiffés, étrangers, nus, malades ou prisonniers), s’est rendu tellement proches de ces petits, que ce lien perdure dans une fraternité éternelle. C’est comme s’il avait laissé en chacun d’eux une parcelle de sa propre humanité, signe de sa proximité et de cette union possible par la communion à ses propres souffrances et sa propre pauvreté. Il a été lui-même l’affamé de frères, l’assoiffé du puits de Samarie, l’étranger des Romains, scribes et Pharisiens, le nu sur la Croix, le malade d’amour et le prisonnier de notre humanité, il le demeure encore aujourd’hui à travers tous ses frères.
Voir Dieu est devenu possible… chaque fois que nous nous abaissons et nous penchons pour nourrir, donner à boire, accueillir, habiller, guérir, visiter, faire œuvre de miséricorde envers un plus petit que nous. Rencontrer Dieu, en Jésus, aujourd’hui est rendu possible, et au risque de scandaliser… même hors foi, hors mérites, hors Loi et commandements, si ce n’est celui d’aimer nos frères, tous les petits qui sont miroirs de la Sainte Face du Christ. Oui, en eux, il est rendu possible de l’entendre, de le voir, de le contempler et de le toucher.
« Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas » (1Jn 4,20).

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