Matthieu 5, 33-37

Comment est ma parole ? Elle ne me parvient souvent qu’en retour ou avant qu’elle n’ait eu son impact, avant qu’elle ne sorte de ma bouche, quand elle se forme encore et ne résonne que dans mon cœur et ma tête.
J’entends ce que me dit l’Evangile aujourd’hui : que mon oui, que mon non…Il ne dit pas : dis toujours oui. L’Evangile me demande de me situer en vérité et en liberté et m’invite à avoir le courage simple de parler et d’agir en conscience. Cette exigence entraîne facilement mon assentiment, mais est-elle si facile à vivre ? Elle demande, en amont, une sérieuse disposition et une belle préparation !
Je ne sais pas toujours ce que je veux ou désire vraiment. Il me faut prendre le temps de longues écoutes silencieuses, non seulement de ce qui vit à l’intime, mais encore de ce qui peut m’être dit ou donné par la vie, les circonstances, par la Parole de Vie, en dialogue avec ma vie. Il me faudra sans doute consentir à de longues traversées de déserts ;rien ne se comprend ni ne se lit dans l’immédiateté. Une bienheureuse distance est souvent nécessaire. Je serai probablement ébranlée dans des certitudes auxquelles je m’accroche pour me dispenser parfois de réfléchir ou de m’abandonner aux interpellations des autres et de l’Autre. Mais si une nouvelle conviction s’installe dans la paix ou qu’une ancienne m’est redonnée, renouvelée par le bain d’un pardon et de la confiance, libre, je rendrai grâce,sans m’y cramponner comme à la seule vérité possible. Que je puisse alors la partager simplement,dans le mouvement de la pureté de la source, fermement, mais sans dureté,sans désir de maîtrise des autres et des événements. Et comme Jésus, assumer de ne pas être là pour plaire mais pour aimer. L’amour « n’est pas conciliable avec une quelconque politique de séduction »
Suis-je capable de cela ? Non. Mais ce n’est pas grave et ce n’est pas la question. Revenir sur nous-mêmes trouble la pureté de l’eau. « Celui qui me juge, c’est le Seigneur », et lui seul. A moi de faire en sorte que d’autres puissent prendre appui sur ma parole, simplement parce qu’elle est vraie, claire et pure. Que mon Oui… Que mon Non… « Ce qui est en plus vient du Mauvais ». (V. 37)
« Passer mes choix au crible de ta Loi

En conscience de ta fidélité
choyer mes propres alliances
Que mes « oui » soient « oui » et qu’ils résonnent longtemps

A ton écoute, faire taire les voix de la convoitise
qui insinuent le doute et ternissent mes trésors

A ton image, avoir la parole claire, insinuer rarement
Éclaircir ma voix pour porter loin l’écho de ton Évangile
petites et grandes vérités taillées dans le vif de nos vies. »

(M. Muller-Colard, Eclats d’Evangile)

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