Matthieu 8, 18-22

Que de fois, dans les Evangiles, Jésus « ordonne » de partir, de passer vers « l’autre rive ». L’autre rive ? Ce n’est pas seulement l’autre bord du lac de Tibériade. Ne serait-ce pas aussi des lieux non visités de nos vies, loin de nos habitudes et sécurités, l ’ « autre » versant non encore exploré ni foulé, aspirations les plus folles et audacieuses « rocher trop haut pour nous et que nous ne pouvons atteindre » (cf. Ps. 60, 3).  Le psaume fait précéder l’aveu de ce désir « trop grand » par une affirmation confiante : « tu me conduiras ». Avec celui à qui cette prière s’adresse, avec ce « tu », l’impossible devient « notre » chemin, car ce n’est pas une expédition en solitaire que nous entamons. Elle se vit avec LUI que nous choisissons comme guide et maître et à qui nous nous en remettons absolument, le même que celui à qui nous disons aussi : « Je te suivrai partout où tu iras ». Sont-ce les hauteurs qui nous attirent où le guide qui nous a séduits, Jésus, ses paroles et ses actes ? Avec qui d’autre et « à qui irions-nous ? »(Jean 6,68). Nous aspirons tellement à être avec lui et nous savons qu’il a soif de notre présence. Cependant, ce n’est pas une tranquille balade de fouler avec lui des terres inconnues et trop vastes pour nous ! Nos rêves seront passés au feu, nous serons délestés de nos illusions, et cela ne se fera pas sans peine. « Les oiseaux du ciel ont des nids… » Comme et avec Thérèse de Lisieux, lui offrirons-nous un lieu où reposer sa tête ? « Ce n’est pas une pierre qui soutient sa tête divine (…), c’est (notre) cœur. C’est un cœur d’enfant. Là, il oublie tout, il est chez lui » (Cf. LT 144). Et pour cela, « nous devons descendre afin de pouvoir servir de demeure à Jésus. Etre si pauvre que, comme lui, nous n’ayons pas où reposer la tête » (Cf. LT 137). Telle pourrait être sa joie et la nôtre.

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