Jean 13, 16-20

« L’amour du Seigneur, sans fin je le chante,
d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité » (Ps 88,2).

Après avoir rappelé l’histoire du salut et la promesse de Dieu faite à son peuple, Paul proclame avec force devant les Israélites : « Le Dieu de ce peuple, Israël, a choisi nos pères » (Ac 13,17). C’est précisément cette expérience d’élection qui fait jaillir le chant du psalmiste : « L’amour du Seigneur, sans fin je le chante ». Dieu choisit non parce que l’homme est digne, mais par pur amour gratuit. Cet amour est fidèle et solide : « Même si les montagnes s’écartaient, si les collines chancelaient, mon amour pour toi ne s’écartera pas, mon alliance de paix ne chancellera pas » (Is 54,10). Ainsi, à travers toutes les générations, le peuple de Dieu vit de sa miséricorde et de sa fidélité.

Jésus confirme aussi cette vérité lorsqu’il dit à ses disciples : « Je connais ceux que j’ai choisis. » Le « connaître » de Jésus n’est pas seulement une connaissance extérieure, mais une compréhension venant du cœur, un amour qui veut le bien de chacun, comme le berger connaît ses brebis, comme une mère porte son enfant sur les ailes de l’aigle. Il appelle, soutient et attend patiemment qu’ils grandissent dans la grâce. Pourtant, au cœur de cet amour subsiste l’ombre de la trahison : « Celui qui partageait mon pain a levé contre moi son talon. » Alors, le choix des disciples par Jésus était-il une erreur ? Jésus est pleinement conscient de son choix, mais il ne retire pas son amour. Même trahi, il se donne encore lui-même, il se penche pour laver les pieds de ses disciples, il appelle à la conversion jusqu’au dernier instant. Comme il l’a dit : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis » (Jn 15,16).

L’expérience de Jésus est aussi celle de tant de personnes qui aiment sincèrement : vouloir le bien de ceux qu’elles aiment, les voir s’engager sur un chemin erroné, sans pouvoir rien faire. C’est la douleur profonde d’un amour qui n’est pas accueilli. Pourtant, c’est précisément là que la fidélité de Dieu se manifeste davantage. L’homme peut être infidèle, mais Dieu demeure fidèle, « car il ne peut se renier lui-même » (2 Tm 2,13).

Ainsi, chacun de nous peut, avec le psalmiste, chanter : « L’amour du Seigneur, sans fin je le chante », car c’est cette miséricorde qui nous soutient, qui guérit nos infidélités et qui nous ramène dans l’amour de Dieu, un amour qui ne change jamais.

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