Jean 15, 1-8

Deux mots d’ordre sont affichés partout dans ce vignoble : il faut PORTER (6 fois) du fruit et DEMEURER (8 fois). Jésus ne précise pas ici s’il faut porter du fruit de qualité, du fruit calibré, du fruit rentable … Il ne s’intéresse pas au bénéfice de la production, il n’est pas dans un système commercial. La seule perspective est de porter du fruit.
Au printemps, les premières fleurs apparaissent sur les sarments, puis à l’été les fruits. Que fait le sarment ? Il porte : il laisse passer la sève en lui, il laisse la sève de vie le traverser et produire à travers lui du fruit. Il porte patiemment et passivement le fruit jusqu’à la saison. Et une fois venu le temps de la récolte, il consent à laisser cueillir le fruit au bout de son sarment.
Et si nous étions disciples non en raison des fruits produits, mais par notre art d’une passivité active, d’un laisser-faire à travers nous, d’une capacité à laisser la vie du Christ nous traverser et vivre en nous ? A l’image de Saint Paul nous pourrons alors dire : Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est Christ qui vit en moi (Ga 2, 20).
Ainsi, le fruit ne vient pas de nous et n’est pas pour nous, il est produit à travers nous, par Celui qui est la source de toute vie, et pour celui qui le cueillera. Il nous revient de demeurer attaché au cep pour recevoir de lui la vie et la laisser jaillir au terme de l’émondage et d’une longue maturation. Mais, pour que la vie jaillisse, le mouvement est double : demeurez en moi comme je demeure en vous. Quelle promesse de vie ! Prenons le risque de la laisser nous traverser sans rien retenir …

Un commentaire

  1. Matthieu 7, 22 Beaucoup me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé? En ton nom que nous avons chassé les démons? En ton nom que nous avons fait bien des miracles?
    En apparence il n’y a pas de meilleurs fruits et pourtant la réponse de Jésus tranche de façon radicale:
    Matthieu 7, 23 Alors je leur dirai en face: Jamais je ne vous ai connus; écartez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. ( commettre – comme maître )
    Une erreur, à ne pas commettre, serait de croire qu’il y aurait deux catégories, ceux qui portent de bons fruits et ceux qui en portent de mauvais, l’ivraie ou le bon grain. Ce sont là, je pense, des manières de dénoncer deux façon d’agir, deux conduites, avec équité ou iniquité, mais la frontière passe à travers chacun de nous. Je partage largement la vision de Sr Catherine qui rejoint la théorie du « non agir » des philosophies spirituelles orientales et que l’on pourrait traduire, dans notre tradition, comme un état d’abandon de tout volontarisme et de toute volonté propre pour devenir transparent à l’Etre, afin de refléter la Gloire de D.ieu, de porter, pas des fruits quelconques, mais des fruits de la vie éternelle, d’Amour et qui demeurent.

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