Jean 6, 60-69

COMME EN RÊVE…

« Beaucoup des disciples de Jésus, qui l’avaient entendu, déclarèrent : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? » Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit : « Cela vous scandalise ?… » (Jn 6,60-61).

Comment entrer quand la porte est fermée, verrouillée, cadenassée ? C’est la question que se posait la Parole de Dieu à propos du cœur de l’homme (quand il est tourmenté et malade! Cf. Jr 17,9)… « voici que je me tiens à la porte, et je frappe… ».

© CSJ Mechref, Arts-plastiques

AU COMMENCEMENT elle était auprès de Dieu et en elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Elle était pour eux la Vie, la Lumière et la Vérité.

Puis, elle était descendue sur la terre pour se faire toute proche des hommes, toute petite, toute pauvre en le cœur vierge d’une toute jeune-fille inconnue qui en toute humilité avait répondu « qu’il me soit fait selon Toi ». En celle qui était silence et la gardait dans son cœur, elle avait pris chair, s’était incarnée et avait habité parmi les hommes. Elle était descendue comme Pain Vivant pour fortifier le cœur de l’homme, rassasier sa faim et lui donner la Vie éternelle.

La Parole était douce et onctueuse comme le miel, et pour ceux qui la suivait comme on suivait la Vie, comme on suivait la Lumière, elle apportait amour, joie, paix, patience, bonté, douceur. À tous ceux qui l’avaient reçue, elle leur avait donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, frères entre eux, et ses petits frères ou petites sœurs rien qu’à elle.
Elle était venue chez les hommes. Elle avait beaucoup d’amis qui l’écoutaient, l’intériorisaient, la propageaient sur toute les routes du monde. Elle était toute proche d’eux dans leur bouche et dans leur cœur, afin qu’ils la mettent en pratique. Et elle mettait chaque jour devant eux la vie et le bonheur, parce qu’elle était la Vie éternelle.

Mais tous ne l’avaient pas accueillie. Et à ceux qui ne croyaient pas en elle, qui la trouvaient rude et ne pouvaient l’entendre, elle restait sans effet. Car cette Parole était vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle jugeait leurs sentiments et les pensées de leur coeur. Alors, ils se détournaient d’elle et refusaient de la suivre, ils avaient peur d’elle, peur du regard de Dieu sur leur vie, peur de Dieu qui jugeraient leurs œuvres et leurs péchés, peur aussi (et c’en était navrant) de sa miséricorde et de sa bonté.

Comme aucune réponse ne venait de tous ces cœurs fermés à la grâce, la Parole rêvait toute éveillée : elle rêvait qu’elle tombait comme du bon grain sur les pierres et les ronces du chemin, sur les terrains desséchés et les chemins caillouteux. Elle rêvait qu’elle avait aussi des bons ouvriers qui défrichaient, bêchaient, arrosaient, plantaient pour elle, pour que tous les sols deviennent de la bonne terre pour porter fruit. Elle rêvait que la terre stérile du plein hiver ne pouvait empêcher au figuier nu de donner des figues délectables et succulentes ; elle rêvait de grand Souffle, elle rêvait d’une Grande Pentecôte capable de faire un bruit du ciel comme un violent coup de vent, et que tout le créé soit rempli d’elle, toutes les fenêtres et les portes ouvertes à son chant et à sa voix de fin silence… Et alors, elle se réveillait, posait son regard sur Pierre qui lui confessait : « À qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu » (Jn 6,68-69).

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