Luc 19, 45-48

Aujourd’hui, nos lieux de cultes sont fermés et cela devrait nous interpeller bien plus que nous frustrer !
L’épisode des vendeurs chassés du temple a dû impressionner les contemporains de Jésus pour que les 4 évangélistes rapportent l’événement. Si Jean le situe au début de la vie publique, immédiatement après le signe de Cana, les synoptiques rapportent l’incident comme s’il se passait au moment où se profile déjà la passion. Ce qui reste dans notre imaginaire et dans la filmographie est essentiellement ce qui nous est rapporté par Jean qui nous donne le plus de détails. Et nous retenons que Jésus pouvait se mettre en colère !

St Guilhem-le-Désert © CSJ

Que représente le Temple ? Pour les juifs, il est le signe que Dieu « habite » au milieu de son peuple. C’est le dernier symbole qui demeure, puisqu’il n’y a plus de roi et que leur terre est occupée par les romains. Mais le temple est loin d’être un espace de recueillement. Situé sur le mont Sion, c’est une ville dans la ville. A l’extérieur, il y a le parvis des païens, celui des femmes, des lieux d’ablutions, des abattoirs pour les sacrifices, des prêtres sacrificateurs et des vendeurs pour proposer des animaux en vue des offrandes ; puis l’autel des parfums, des fumées d’encens, le saint et le saint des saints où seul le grand-prêtre pénètre une fois l’an, à Kippour, pour intercéder lors de la fête de Kippour afin d’intercéder pour le peuple. On imagine aisément la pagaille, le bruit, les fumées, les odeurs parfois bien désagréables ! Et, comme cela est souvent mentionné dans les évangiles, c’est aussi une école, un lieu d’enseignement.
Que nous dit Jésus en entrant dans ce haut-lieu du peuple, et en agissant comme il le fait ?
A l’échelle humaine, nous le savons, l’amour supporte parfois une certaine violence qui bouscule simplement ce qui empêche de grandir et d’avancer sur les chemins de la vie.
De même, Jésus vient expulser de nos vies ce qui nous encombre et nous empêche d’être à lui, quand mille pensées transforment nos cœurs en une caverne de bandits.
Il pose un geste de prophète, tel Jérémie chez le potier. (Jr. 18, 3-10) Façon « fracassante » de manifester que quelque chose ne va pas ! C’est insuffisant. C’est pourquoi Jésus cite immédiatement une parole tirée du prophète Isaïe (Isaïe 56, 7) : « ma maison est maison de prière ». Elle n’est pas un lieu où se monnaie l’amour et le pardon de Dieu, de quelque façon que ce soit !
Dieu n’est pas à vendre et il ne voit pas l’homme comme un être à acheter.

Tu as fait de la vie humaine ton temple
Ton espérance et l’abri de ta grâce.
Tu n’attends pas de moi que j’exécute mais que je goûte
Au plaisir vibrant d’entendre ta parole
Au plaisir de répondre à ta volonté
Car ta loi est au fond de mon cœur
Comme la parole d’une mère aimante (MMC)

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