Luc, 21, 12 – 19

« C’est par votre persévérance que vous gagnerez la vie »
Jésus est en route vers sa passion. C’est de ce lieu qu’il parle et en Luc Il le fait de l’intérieur du Temple dont il annonce la destruction sur fond de ruine de Jérusalem. Le langage apocalyptique pourrait faire croire à l’annonce de la fin des temps et donc poser les questions : « quand » et « à quel signes » ? Mais peut-être sommes-nous invités à lire ici « les signes des temps » et à y discerner la croissance du Règne, tel « le grain qui meurt pour porter du fruit ». Écoutons donc la Parole de ce jour au présent de nos histoires personnelles, collectives, de l’histoire actuelle de notre monde et de notre planète.
Jésus met les siens en garde pour qu’ils ne se laissent pas égarer et les prévient du sort qui les attend, mais habille en même temps leur cœur d’une promesse dont il se porte garant. Les « siens », ceux qui d’une manière ou d’une autre seront persécutés, parfois jusqu’à mourir, « à cause de mon nom » dit Jésus.
Mis en cause « à cause du Nom », Luc le dit en long et en large dans les Actes des Apôtres. Il y inscrit la course de la Parole qu’on ne peut faire taire. Réalités toujours inscrites d’une manière ou d’une autre au déroulement de l’histoire des humains et de notre planète. Les disciples du Christ, mais bien d’autres encore, chacun selon sa foi, ses convictions, ses engagements pour la vie, y sont confrontés. Tous ne sont pas appelés au martyre, mais la contradiction ne manque jamais, même au sein de nos familles, de nos amis, de nos milieux de travail et de vie. L’indifférence, la moquerie, la critique, le mépris, des prises de positions politiques, institutionnelles, morales, « convictionnelles » ou autres, nous appellent souvent à des traversées à contre-courant. Là, dans l’humble communion avec ceux et celles dont la vie même est exposée, il nous faut « ancrer » les nôtres avec les leurs dans la promesse de Celui dont le Nom est « Sauveur », « Dieu avec nous » :

« Mettez dans vos cœurs de ne pas vous soucier d’avance de vous défendre.
Oui, moi-même je vous donnerai une bouche et une sagesse :
en face, ils ne pourront s’opposer ni contredire, tous vos adversaires ». (trad. Chouraqui V.14 – 15)

Souvenons-nous du « Nom qui est au-dessus de tout nom », reçu du Père en son exaltation pour être descendu au plus bas de notre humanité blessée (Phil 2) et désormais notre intercesseur. Puissions-nous en Eglise, avec tous les croyants de toutes traditions et les hommes et femmes de bonne volonté, « persévérer » ensemble pour « gagner la vie » dont notre monde à faim et soif. (V.19)

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