Luc 5, 33-39

Si l’on veut que le vin vieillisse bien et devienne un jour ce vin de qualité qui est bon et réjouit le cœur, il faut, au temps des vendanges, investir, et sans hésiter, dans des outres neuves. Nulle économie à tenter de récupérer les vieilles outres de nos vendanges passées qui ont pris de l’âge, pour garder le vin nouveau. Elles ne résisteraient pas à la pression et le fruit de la terre et du travail de l’homme serait aussi perdu.
Mais il faut encore du temps et de la patience car, s’il est de qualité, ce n’est qu’avec les années que le vin prend tous ses arômes, sa rondeur, sa robe. Oui, car quand on a à la fois du vin nouveau et des outres neuves, on n’a encore qu’une espérance de bon vin. Une double sagesse est donc requise du vigneron : ne pas minimiser la force du vin nouveau et savoir attendre qu’il tienne ses promesses.
La même sagesse est demandée dans la vie spirituelle. Inutile de rafistoler nos habitudes de toujours en essayant de les rajeunir avec des habits à la mode, fut-elle mystique ou d’allure évangélique. Pour nous, il n’y a que la radicale nouveauté de la rencontre avec Jésus et celle-ci ne tolère pas de compromis. ‘Maintenant je commence’ et recommence, et je laisse au maître de ma vie le soin de faire, par son Esprit, et avec moi, toute chose nouvelle.
« Il faut savoir jeter, éliminer, remplacer des réflexes qui nous sclérosent, des options qui nous fixent sur la médiocrité, des structures mentales qui nous détournent de l’Évangile, car dans ces domaines les compromis arrachent toujours le tissu de la fidélité. » Le bon vin au goût de Dieu, c’est l’Evangile qui a vieilli dans un cœur nouveau.

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