Marc 12, 18-27

« Faire lever la vie… »

© Chagall, Buisson ardent
© Chagall, Buisson ardent

Nous pourrions refermer cette page d’Evangile et nous écrier : Non-lieu, casuistique grotesque, à question absurde pas de réponse !

Jésus n’a pas refusé de dialoguer avec les Sadducéens : il les a seulement déplacés dans leur questionnement. Il a débusqué, de façon très habile, la position spirituelle cachée sous le voile de la controverse et l’exemple de cette femme aux sept maris, poussé jusqu’au ridicule.

Quel est l’objet caché ? La capacité à « faire lever la vie » – c’est la traduction littérale du verbe « ressusciter ».

Qui « fera lever une descendance » à travers cette femme ? Autrement dit, qui peut garantir le don de l’Alliance nouée avec le Dieu vivant et inscrite dans la bénédiction, de génération en génération ?

Les « Sadducéens », que nous sommes parfois, résolvent la question en s’appropriant le don de la vie : c’est ici que nous sommes « totalement dans l’erreur ». Nous oublions que la vie nous est venue comme un cadeau gratuit, que nous la transmettons sans jamais la posséder. Que cette tentation de mettre la main sur l’origine du don – c’est-à-dire sur le Donateur Vivant – demeure toujours enfouie en nous.

Nous « méconnaissons les Ecritures », elles ne viennent pas à nos oreilles et à notre cœur comme parole vive, capable « de faire lever des enfants à Abraham, à partir des pierres » stériles de nos chemins d’humanité (cf. Matthieu 3,9).

« N’avez-vous pas lu, au récit du Buisson ardent… », à travers quel Nom la vie se communique ? Ce Nom imprononçable – que nul ne peut enfermer dans une définition – et que Rachi traduit ainsi : « Je suis Celui que tu verras que Je suis quand tu feras l’expérience, dans ton histoire, du don de libération et de salut qui vient de Moi ».

« Il n’est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants ».

Un commentaire

  1.  » Nous oublions que la vie nous est venue comme un cadeau gratuit, que nous la transmettons sans jamais la posséder.  »
    En prendre vraiment conscience nous libère et nous arrêtons de croire savoir ce qui est bon pour l’autre et pour son chemin de vie. Nous arrêtons de vouloir maîtriser le mouvement de la vie en nous et en ceux qui nous entourent.

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