Marc 6, 30-34

IMPOSSIBLE REPOS

Imaginons qu’un jour, saint François, sur les routes d’Italie ait eu à interroger ses frères sur le repos parfait :

— Et pour vous, frères, que serait le repos parfait ?

— Pour moi, ce serait qu’après notre retour d’apostolat, après tout ce que nous aurions fait et enseigné, tu nous dises de nous retirer à l’écart, en Dieu, de rester ainsi dans le silence de la prière, en action de grâce, pour ensemble, se délasser dans un endroit désert et loin de notre lieu de mission, reprendre des forces…
— Mais, penses-tu que cela soit possible, de s’extraire ainsi du monde et combien même nous l’aurions fait, ton cœur ne porterait-il pas encore tous les visages rencontrés, les larmes essuyées, les cœurs consolés ou les corps guéris ? Là, n’est pas encore le repos parfait.

Arc-en-ciel dans la main, © Mechref

— Pour moi, ce serait ce temps de traversée en barque, avec toi. Quand en silence nous nous éloignons des foules et que les reflets de la mer nous renvoient la splendeur du ciel, et que le bruit des vagues habite nos silences.
— Mais, ce temps de retour à la communauté, n’est-il pas déjà lui-même relecture et habité du visage de tes frères et des tâches communautaires à venir ? Là, n’est pas encore le repos parfait.

— Pour moi, ce serait ce temps de préparation à la mission, ce temps pour rejoindre les foules sans berger, prendre le temps de se préparer, seul.
— Mais, ce temps n’est-il pas déjà rencontre et compassion d’avoir été saisis au cœur par les attentes de nos contemporains ? N’avons-nous pas, à la suite du Christ, qui n’avait pas de pierre où reposer la tête, à nous laisser déplacer, solliciter, appeler par eux ?

Et François de leur répondre :
— que vous soyez au milieu des foules, ramant dans la barque, priant dans un endroit désert, à chaque battement de vos cœurs, à chaque seconde donnée à Dieu, à chaque geste d’amour posé aux plus petits par le Nom de Jésus… là est le repos parfait ! Il n’y a de vrai repos qu’en Dieu seul !

« Je n’ai de repos qu’en Dieu seul, mon salut vient de lui. Lui seul est mon rocher, mon salut, ma citadelle, je reste inébranlable » (Ps 61, v. 2-3, 6-7).

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