Marc, 9, 2-10

Eclats de lumière aujourd’hui. Entrevoir et entendre

Pierre vient de confesser que Jésus est le Christ ! Mais aussitôt après, il voudrait se mettre au travers de la route qui conduit Jésus et ses disciples à la Jérusalem du rejet et de la souffrance. Faire cela, c’est être comme Satan : obstacle au projet de Dieu, qui dans et par -delà la mort, veut accomplir son amour jusqu’à l’extrême. Message impossible à comprendre et à valider.

Alors Jésus choisit trois de ses disciples, s’écarte des chemins battus et les emmène sur une haute montagne. Petite escapade de privilégiés qui percevront un peu ce qui se vivra par-delà le voile des épreuves. Là-haut, Jésus est métamorphosé. C’est lui, mais tout autre, pris dans une lumière dont on ne peut rendre compte tant elle éblouit. A ses côtés, Moïse et Elie, deux personnages qui ont fait l’expérience de théophanies, de manifestations qui bouleversent tous les repères humains. Pierre saisi d’effroi, tente de reprendre la situation en main, et fait une demande. Si elle était exaucée, elle suspendrait le temps. Avec Jacques et Jean, il pourraitdemeureren ces présences bienfaisantes. « Dressons trois tentes ! ». Tente ou tabernacle, signe que Dieu était au milieu de son peuple ployant sous les souffrances et errant dans le désert.

. « On ne peut voir Dieu sans mourir », sans lâcher absolument tout ce qui nourrit affirmations, certitudes, sécurités. Seule une nuée qui « ombrage » et abrite permet de saisir un je ne sais quoi de la Présence du Tout-Autre. Il peut ainsi se faire proche sans anéantir.

Alors, une voix se fait entendre, non dans un orage ou un ouragan (Cf 1 Rois 19) mais sans doute dans un murmure de fin silence. Elle désigne Jésus. Elle l’appelle « mon fils », le « bien-aimé ». Qui parle ? Laissons résonner la question à l’intime. A qui s’adresse-t-elle au-delà du texte ?

Une seule injonction sur la montagne : écoutez ! Ecouter Jésus seul. Et ne rien raconter avant l’« Heure », après que nous ayons un peu compris que « Jésus est Seigneur sur la montagne, et qu’il est aussi Seigneur dans la boue ».[1]

[1]Cf. Marion Muller-Colart, « Eclats d’Evangile »

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