Marc 9, 2-10

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© Nicolas de Staël

 Transfiguration 

Ils ont gravi la montagne revêtus de leur vie ordinaire… Cependant, Jésus les entraîne en son espace propre, en ce lieu lumineux de la relation unique qui l’unit au Père de toute éternité. Et voici que le regard de Pierre, Jacques, Jean… mon regard, ton regard se transfigurent ! La fenêtre du cœur s’ouvre soudain et nous voyons le monde à l’endroit, nous voyons, en cet instant et de manière fugitive, ce réel qui habite le cœur des choses, ce réel qui nous donne de nous connaître et de reconnaître le visage véritable de chacun.

Comme nous aimerions « dresser là trois tentes » : embrasser et saisir la totalité de la révélation, comme nous la comprenons ! Jésus au rang des prophètes et de la Loi, nouveau Moïse, nouvel Elie… Et demeurer là, détenteurs comblés, face à nos maîtres familiers : « Seigneur, il est heureux que nous soyons ici ! »

Mais une Voix vient briser ce rêve, cette illusion : elle nous arrache à la fascination de la gloire telle que nous la comprenons, telle que nous la désirons. « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ». Une « nuée » nous ferme les yeux pour que nous soyons rendus à la foi, à l’écoute d’une parole au centre de notre vie quotidienne et banale, là où surgit la grâce de l’inattendu, l’inespéré sur nos chemins d’humanité : « Aussitôt, regardant autour d’eux, ils ne virent plus personne d’autre que Jésus seul avec eux ».

Et nous redescendons de la montagne en vêtements ordinaires, mais en compagnie de cet Ami véritable dont la présence, cachée dans l’entre nous de nos rencontres, transfigure au jour le jour notre regard, ouvre nos oreilles et notre mémoire à la joie de la foi, à la gratitude, à l’espérance :

O, mon espérance et mon Père et mon créateur et mon véritable Sauveur et Frère ! Quand je songe à ce que vous dites : que vos délices sont avec les enfants des hommes, l’allégresse de mon âme est grande ! Quelles paroles que celles-là pour que nul pécheur ne perde confiance ! Vous manque-t-il quelqu’un avec qui prendre vos délices pour que vous cherchiez un petit ver de terre de si mauvaise odeur que moi ? Et cette voix entendue au jour du Baptême dit que vous prenez vos délices avec votre Fils. Nous devons donc être tous égaux avec lui ? O, que cette miséricorde est grande, et combien cette grâce dépasse tout ce que nous pouvons mériter ! Et tout cela nous l’oublions… Vous mon Dieu, souvenez-vous… (Thérèse d’Avila, Exclamation 7).

Sœur Frédérique Oltra, communauté duCaire, Egypte

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