Matthieu 11, 20-24

Si loin, si proche…
Les reproches de Jésus envers les trois villes de Corazine, Bethsaïde et Capharnaüm qui ne le reconnaissent pas comme Fils de Dieu sont cinglants. Des villes de « chez lui », des villes qu’il arpente depuis son enfance et le début de son ministère, des villes qui le connaissent comme fils de Joseph et de Marie, des villes dans lesquels les signes, les guérisons et ses enseignements se sont multipliés ; et pourtant, elles n’entendent, ni ne voient.
Et, comme il leur dira haut et fort, un peu plus tard : « un prophète n’est méprisé que dans son pays et dans sa propre maison » (Mt 13,57).
« Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu » (Jn 1,11), et c’est peut-être sa plus grand douleur… n’être pas reconnu parmi ses pairs, ses frères, au sein de sa propre famille. Non pas qu’il cherche une reconnaissance personnelle ou une vaine gloire… ce qu’il attend, c’est que ces villes se convertissent, qu’elles tournent leur regard et leur cœur vers son Père.
Et de citer en contrepoint, les trois villes « pécheresses » ou païennes : Tyr, Sidon et Sodome ; celles qui semblent très loin… mais qui, comme la femme pécheresse chez Simon, sont capables de montrer beaucoup d’amour à celui qui fait miséricorde.
En ce jour, où le Carmel fête les seize bienheureuses carmélites martyres de Compiègne, saurons-nous à l’école du Christ reconnaître sa Présence cachée au creux de nos vies, au cœur de nos combats, à la source de tous nos engagements et de notre offrande ?
Pendant leur transfert vers l’échafaud, les Carmélites de Compiègne, entourées des Sans-culottes et d’une foule silencieuse et pleine de respect pour leur sacrifice, entonnèrent le Miserere, le Salve Regina, le Te Deum. Après avoir chanté le Veni Creator au pied de la guillotine, elles renouvelèrent une à une leurs vœux religieux, et montèrent les quelques marches qui les menaient à leur ultime profession de Foi. Leur Prieure Sœur Thérèse de Saint-Augustin fut la dernière à être décapitée, et à prier pour ses sœurs et pour la France. Elle avait préparé ses filles, et leur répétait : « l’Amour seul sera toujours victorieux, quand on aime, on peut tout ». Leur martyre survenu le 17 juillet 1794 nous rappelle la victoire du bien sur le mal, la victoire du Christ.

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