Matthieu 6,1-18

 Cendres : Se remettre au « secret » de Dieu…

cendres
© Paul Klee

Nous pourrions passer à côté de ce « temps favorable » du Carême, cet « aujourd’hui du salut »… Même si, par trois fois, l’Evangile invite à nous enfoncer dans l’espace du « secret » qui apparaît, ici, comme le lieu de Dieu, de notre libération en Dieu.

Car ces trois conduites – l’aumône, la prière et le jeûne – présentes en toute religion, enchâssent, dans l’Evangile de Matthieu, la prière de Jésus à son Dieu qu’il appelle « Père ».

Le « Notre Père » nous ouvre la porte de cet espace du « secret » de Dieu où nous allons rejoindre notre cœur profond. Le « Notre Père » se condense en un verset qui éclaire tout : « Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes remettons à ceux qui nous doivent » (Mt 6,12).

Remettre : voilà le chiffre du « secret » de Dieu. Se remettre tout entier entre les mains du Père, entre nos mains, tel est le mouvement qui saisit Jésus tout au long de sa mission, jusqu’au point culminant de sa Pâque.

Voici le temps favorable pour contempler Jésus dans le mystère de sa liberté abandonnée, remise pour un Autre, pour nous. Non pas comme une perte de soi, mais comme une accession à soi, un accomplissement de son identité filiale.

Aumône, prière et jeûne : invitation à sortir de la convoitise et du calcul, pour entrer dans la gratuité joyeuse d’une vie qui se donne. Et s’il y a un péché à confesser, c’est bien celui du mouvement inverse qui nous paralyse tant : l’incurvatus in se, le repli sur soi (Martin Luther).

Aumône, prière et jeûne, pour prendre les chemins de la désappropriation, de la disponibilité, de la dépossession heureuse et libératrice.

Jusqu’à demeurer « en secret » dans le cœur de Dieu

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