Matthieu 8, 23-27

Le début du chapitre 8 de l’Evangile selon Matthieu relate de nombreuses guérisons. « Se voyant entouré de foules nombreuses, Jésus donna l’ordre de s’en aller sur l’autre rive » (v18). Éprouve-t-il le besoin de prendre distance, de faire une pause ? Il se rend en territoire païen, où les guérisons vont se poursuivre (v28).

« Voici qu’une grande agitation se fit dans la mer » (v24). Dans la Bible, la mer est le lieu symbolique où habitent et agissent les puissances démoniaques. Les démons, déjà rencontrés (v16), semblent vouloir lui barrer la route. La puissance de guérison de Jésus agit sur l’ensemble de la Création.

Si Jésus monte dans la barque avec ses disciples (v28), ceux-ci semblent perdre, dans l’épreuve de cette traversée, leur qualité de disciple. Au verset 27, ils ne sont plus que des hommes qui s’étonnent et s’interrogent.

Avant d’apaiser vents et mer, donc au cœur de la tempête, Jésus les interroge sur leur foi (v26). Leur foi, si petite soit-elle, est bien  réelle, puisque c’est vers Lui qu’ils se tournent pour trouver secours
(v25) dans le péril qui les menace (v24). Mais ils sont appelés à grandir dans la foi : « Quel est celui-ci que mêmes les vents et la mer lui obéissent ? » (v27). Suivre Jésus demande de croire en lui. Mais qui est-il pour moi ?

Matthieu raconte un épisode similaire au chapitre 14, avec Pierre pour  figure centrale (Mt 14, 27-33). Hommes de peu de foi (v26 ; Mt 14, 31), notre confiance mûrit lentement au fil du vécu partagé avec le Christ : « Pour vous qui suis-je ? » (Mt 16, 13-16).

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