Pardonner sept fois, c’est déjà large … mais soixante dix sept fois cela nous semble démesurément impossible ! Rappelons-nous les flots croissants de la violence déchaînée par le geste meurtrier de Caïn sur son frèe Abel : Caïn est vengé sept fois, mais Lamek son descendant, soixante dis sept fois ! (Gn 4, 24).
Le pardon proposé par Jésus à Pierre et par lui à tous ses disciples n’est-il pas l’unique chemin de renversement de la violence ?
Mais comment faire ? Pour les hommes, c’est impossible !
A travers la parabole du débiteur impitoyable, Jésus nous dévoile les ressources insoupçonnées de la miséricorde et surtout sa Source. Jésus a vécu la miséricorde reçue du Père jusqu’au don de sa propre vie … Ainsi, il nous faut accueillir la miséricorde et le pardon du Père dans notre propre vie pour pouvoir commencer à pardonner à nos frères.
La précédence du pardon divin s’exprime dans le pardon illimité échangé entre frères et le pardon non partagé semble être le signe que nous n’avons pas su accueillir la miséricorde de Dieu ! Le débiteur impitoyable pour son compagnon, ne l’est-il pas aussi finalement pour lui-même ? Car il retient captive la miséricorde de Dieu. En refusant de la communiquer aux autres, il l’empêche du même coup de prendre corps en lui…
Que germe en nous cet appel de Jésus : « Je ne te dis pas sept fois, mais soixante-dix-sept fois ! »
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