Matthieu 8,18-22

L’autre rive

« Maître, je te suivrai partout où tu iras. » Mt 8,19

Monastère orthodoxe de Capharnaüm, église des Douze Apôtres
Monastère orthodoxe de Capharnaüm, église des Douze Apôtres  « Le disciple que Jésus aimait dit alors à Pierre : « C’est le Seigneur ! »…Jn 21,7

Suivre Jésus… telle est la question qui habite celui qui rencontre l’homme de Nazareth, ce prophète itinérant, le Maître dont la parole fait autorité. Le scribe comme le disciple en deuil sont attirés par celui qui se tient sur le rivage de leur vie. D’emblée surgit l’appel pressant à ne plus se séparer de Lui. Mais voilà, les contingences du monde sont là : sécurité et précarité de l’existence humaine nous hantent et nous retiennent pour faire le pas décisif.
Aurons-nous cette audace folle, celle de « se jeter au cou de Jésus » ?
« Il est réellement possible d’aimer Jésus, par- delà tous les espaces et tous les temps. On lit les Saintes Ecritures, exactement comme deux êtres qui s’aiment, se regardent l’un l’autre et vivent ensemble leur vie de tous les jours. On ressent très profondément, dans la profondeur de son existence, ce que Jésus a concrètement à dire à chacun. On se laisse effectivement dire par lui, pour sa propre vie, quelque chose d’important que l’on ne saurait pas sans lui. En vérité, voyez-vous, il faut tout de même bien le dire on n’a encore quelque chose à faire avec Jésus que si on lui saute au cou, que si l’on réalise, dans la profondeur de son existence, que quelque chose comme cela est possible même aujourd’hui. J’estime qu’en vertu de la nature même de l’amour en général et en vertu particulièrement de la puissance de l’Esprit Saint de Dieu, on peut, traversant dans l’amour espace et temps, aimer effectivement Jésus d’une manière véritablement immédiate et concrète. Il peut en effet s’approcher de nous dans une extrême proximité concrète et historique, justement pour cette raison fondamentale qu’il paraît être disparu dans l’insaisissable profondeur de Dieu. Et il le fait effectivement, à la condition bien sûr, que nous voulions nous-mêmes l’aimer, à la condition que nous ayons l’audace de lui sauter au cou ! » Aimer Jésus – Karl Rahner

 

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