Matthieu 11, 25-30

Sainte Thérèse de Lisieux

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© Carmel de Valenciennes

Trois groupes de personnes nous sont présentés dans cet Évangile, pour la fête de Thérèse de Lisieux : les « sages et intelligents », les « tout-petits enfants » et « ceux qui peinent et ploient » dans l’épreuve… Nous pourrions conclure un peu rapidement que Thérèse appartient au groupe des enfants et qu’elle devient, ainsi, bénéficiaire de la révélation de l’Evangile…

Or, Thérèse n’est-elle pas d’une fine intelligence et d’une haute sagesse ? N’a-t-elle pas connu l’épreuve sous des formes diverses et radicales ? Ces trois terrains d’humanité, nous les trouvons en elle, mais leurs frontières sont poreuses, travaillées par la présence de Jésus et son appel…
L’esprit d’enfance, voici le ferment qui vient traverser sagesse et intelligence, voici le souffle d’espérance qui permet de tenir dans l’épreuve, face à la persévérance du mal !
Comment Thérèse a-t-elle compris cela ? Comment en a-t-elle fait le pivot de toute son aventure spirituelle et le ressort de son message, « petite voie toute nouvelle » qui convient partout et pour tous, hier et aujourd’hui ?

Thérèse a contemplé Jésus dans sa filiation, enfant du Père et non pas esclave d’un Dieu-Maître… Thérèse a contemplé l’autorité du Fils, ce rabbi de Nazareth qui ne pèse pas sur les petits, mais communique, dans sa parole et ses gestes, la douceur et la simplicité du cœur de Dieu… Thérèse a perçu, dans la contemplation de Jésus, l’exigence radicale du chemin de l’Evangile pour devenir disciple de ce Maître paradoxal qui se fait Serviteur de son Père et de ses frères en humanité…
Elle a donc rompu avec les prétentions du savoir des intelligents et de la suffisance des vertueux qui regardent les autres de haut en bas.

Thérèse a accueilli sa propre vulnérabilité, son impuissance, l’échec de ses désirs illusoires pour laisser prendre en elle un unique désir, celui de la confiance inconditionnelle et de l’abandon… Thérèse est entrée en espérance : toute sa vie, ce qu’elle est et les événements qui viennent la bouleverser, remis entre les mains d’un Autre…

Thérèse « l’inachevée » s’écrie au terme de sa courte trajectoire en notre monde : « Au soir de cette vie, je paraîtrai devant Dieu les mains vides ». « Je ne me repens pas de m’être livrée à l’Amour »…
Elle est vraiment, fille de Thérèse d’Avila, dont nous célébrons le 5ème centenaire cette année, elle qui nous ouvre le chemin de la contemplation évangélique : « Pour parvenir à cette Demeure du Roi que nous désirons atteindre, il ne s’agit pas de beaucoup penser mais de beaucoup aimer » !

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