Jean 10, 31-42

Si, comme Jésus et avec lui, nous repartions du lieu de nos commencements de foi ? Retourner là où nous avons été touchés par une parole qui nous a mis en route, qui nous a lancés en un chemin de confiance dans un Dieu d’amour, incroyablement humble et proche qui fait sauter en éclats nos attentes trop petites.
Ne rêvons-nous pas trop souvent d’un Dieu de prospectus de vacances qui serait plus à la ressemblance de nos envies que de nos désirs profonds et véritables ? Avons-nous entendu sa parole : « Vous êtes des dieux » (ps. 82/81, traduction de la XII) ? Pouvons-nous considérer bien simplement et recevoir en eux-mêmes, les actes que nous avons vus, les paroles que nous avons entendues, pour les ‘lâcher’ et les laisser se transformer en « signes » ? Cela nous est difficile tant nous sommes avides de voir de nos yeux de chair ce qui ne peut être que contempler à l’obscur. « Je voulais voir et mon désir, ma volonté de voir aveuglaient mon regard »
C’est le chemin que Jésus propose. Prenons le temps d’évaluer, de situer largement dans nos vies, ce que nous avons peine à croire. Si nous sommes habitués à regarder vers le haut, essayons aussi de porter nos regards vers le bas. Nous y entreverrons peut-être le « Très-bas ».
Dans l’Evangile de ce jour, Jésus répond à ses adversaires. Il ne méprise rien ni personne. Il ne condamne pas, mais propose un chemin, invite à se mettre en mouvement pour aller là où nous ne connaissons pas, là où disparait tout ce que nous avons imaginé d’un Dieu inaccessible et cependant enfermé dans nos connaissances. En route, pèlerin parmi les pèlerins, dans et par-delà nos déserts, nous serons transformés par la promesse inouïe du Dieu-avec-nous, recréés par le mystère même de Dieu : Le Père en Jésus et lui dans le Père. Pur chemin de contemplation et d’heureuse pauvreté. C’est l’horizon de nos vies, l’aurore après la nuit des épreuves et de la mort.

Un commentaire

  1. Merci pour ce commentaire qui me rejoint : « En route, pèlerin parmi les pèlerins, dans et par-delà nos déserts, nous serons transformés par la promesse inouïe du Dieu-avec-nous. »
    Trois mots raisonnent fort ce matin
    En route… pèlerins et inouï.
    En ce temps inouï de confinement ne sommes-nous pas appelés à ce pèlerinage inouï au plus intime pour y rencontrer Celui qui nous y attend ?

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