Jean 18, 1-19, 42

« Que fasse silence toute chair mortelle, qu’elle se tienne immobile avec crainte et que rien de terrestre n’occupe sa pensée, car le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs s’avance pour être immolé et donné en nourriture aux fidèles *».
Silence et paroles de vérité à propos de Celui qui entre librement dans le jardin (Jn 18, 1) comme en genèse de(re)création du monde. C’est encore en ce jardin (Jn 19, 41) que son corps sera déposé et que Vivant et gardien du jardin, il retrouvera Marie de Magdala dans le clair-obscur du matin de Pâques (Jn 20,20).
En saint Jean, Jésus est manifesté comme suprêmement libre et maître des moments de sa passion. Il se révèle (par 3 fois) comme Celui qui EST. (Jn 19, 5. 8) Qui regardera cet homme livré aux mains des hommes, dénudé, transpercé, pourra y contempler le buisson que contemplait Moïse et qui brûle sans se consumer.
En saint Jean, Jésus n’est jamais seul en sa passion. Des disciples, ceux qui l’ont cherché (Jn 1, 38 ; Jn 18,7.8) l’accompagnent (Jn 18, 1). Ils ne sont pas tous des saints. Et ce ne sera pas toujours les mêmes au fil du chemin. Il y a Judas, celui qui le livre, jamais appelé traître en cet évangile, mais bien l’un d’entre nous (Jn 13, 21). Pour lui aussi Jésus a dit : « je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés ». (Jn 18, 9). Ne spéculons pas sur son « jugement ». Cela ne nous appartient pas. Il est l’un de nous ! Il est un des siens !
Il y a aussi Simon-Pierre qui par 2 fois dira qu’il N’EST PAS des proches de Jésus. Il y a des grands-prêtres, un peuple qui crie, hurle et fait faire le « sale boulot » par Pilate et ses gardes ; des femmes dont la mère et le disciple qui rend témoignage. (Jn 19, 35) Il y a encore Joseph d’Arimathée et le pharisien Nicodème qui, dans la nuit, manifeste enfin au grand jour et sans crainte qu’il est de ceux qui ont cru. (Jn 3 ; Jn 7, 50)
Pilate fera écrire que Jésus est roi des juifs. Il est roi ! Sa royauté nous laisse ébahis et désarmés.
En sa passion, Jésus révèle ce qu’il y a dans le cœur de l’homme, ses perversités. Il montre à qui l’accuse tout ce qui est retors dans la façon de manipuler la parole et de la falsifier. Pourquoi refuser le face à face ? C’est Pilate qui négocie sans cesse ! « Je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité ». (Jn 18, 37)
« Tout est achevé » (Jn 19, 30), accompli. L’Esprit est donné, transmis ! (Jn 19, 30) « Afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux ». (Jn 17, 26)
Il y avait un jardin… (Jn 19, 40)
En ce jour, puissions-nous trouver des aromates- parfums de nos cœurs – pour recevoir et prendre soin du corps du Bien-Aimé, de tout aimé. (Jn 19, 39)
« Ne me pleure pas, ô Mère, bien que tu aies vu gisant dans le tombeau le Fils que tu avais conçu de merveilleuse façon, car je ressusciterai et serai glorifié, et dans ma gloire j’exalterai les fidèles qui t’aiment**».

* Grande Entrée de la liturgie du Samedi Saint. (Liturgie de saint Basile)
** Hirmos de la 9ème ode du canon des matines byzantines.

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