Jean 21, 1-14  

   « Voici comment Il se manifesta »

  Le « Souffle» a rouvert le livre. Aurait-Il oublié quelque chose d’essentiel ? Tels les croyants du premier siècle, il nous importe tellement de savoir « comment » Jésus ressuscité se manifeste au quotidien de nos existences, celle de l’Eglise, dans un monde aussi merveilleux que troublé ! Quels sont les chemins de la « reconnaissance » du Ressuscité ?

Et voilà le parcours de « Sept » disciples de Jésus, prénommés et anonymes : nos visages, nos parcours s’y reflètent comme en un miroir ? Ils oscillent encore entre joie et doute, non – savoir et savoir, inconnaissance et reconnaissance… Mais y a-t-il foi sans questionnement, espérance sans désespérance, amour sans failles ? L’un est toujours si proche de l’autre, peut-être l’un dans l’autre ?

La Parole de ce jour nous provoque au mouvement, à un incessant « venir » (repris sous de multiples formes dans cet Evangile) ordonné à la rencontre avec le Ressuscité. Tout et tout le monde bouge, à l’apparente exception de Celui « QUI EST » au centre du récit. Pour les disciples l’hyper – activité de « l’être ensemble », « l’être avec », « la sortie », « l’embarquement » de nuit…, ne débouche sur rien d’autre que le « RIEN » et le « NON ». (V.3-5) Qu’est-ce donc qui empêche cette ébauche d’Eglise avec Pierre aux commandes, de remplir leurs filets ; de reconnaître en leurs œuvres celles du Ressuscité, comme Il l’a promis ? Enfermés encore dans leur propre industrie, ne doivent-ils pas « passer » par le « non savoir », par le « lâcher prise ». Ne faut-il pas laisser au Tout – Autre du matin de Pâques, tel une Ancre sur le rivage, le gouvernail de la barque et la Parole créatrice ?

Lui qui « SE TIENT LA », qui fait face à leur quotidien, mais dont ils ne savent pas qu’ « IL EST » ! (V.4)
Seul l’Amour, jaillit de Son « côté » (V.6) transpercé, engendre au Père les « Enfants » (V.5) de la grâce. « Enfants avez-vous quelque nourriture » ? Le Ressuscité se fait mendiant de leur indigence et ordonne à la mer de livrer l’abondance de ce qu’elle tient captif depuis des siècles (153 gros poissons, toutes les nations). Les yeux du disciple aimé s’ouvrent à la « reconnaissance » : « LE SEIGNEUR EST » ! (V.7) De cette parole fraternelle, Simon-Pierre naît à l’acte de Foi , connaît la « nudité » de son reniement, « revêt » (V. 7) le Christ Mort et Ressuscité pour le Salut de tous et « se jette » (V.7) en Lui. « J’ai prié pour toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères » avait dit Jésus.

En l’amour du disciple aimé et la foi de Pierre, tous peuvent rejoindre Jésus sur « la Terre des Vivants », entrer dans l’échange fraternel du donner et du recevoir, entendre comme au premier jour le Maître dire : « Venez ».

« Aucun des disciples n’osait Lui poser la question : QUI ES-TU ? ILS SAVAIENT QUE C’ETAIT LE SEIGNEUR »
« ALORS JESUS VIENT ; il prend le pain et le leur donne ; il fit de même avec les poissons.
C’était la troisième fois que Jésus se manifesta à ses disciples depuis qu’Il s’était relevé d’entre les morts » (V. 12-14)
« Il a voulu ce sacrement du repas pour affirmer que nous ne le trouverons pas si nous ne sommes ensemble, que c’est la condition même ; le seul accès possible à Sa Présence, c’est d’être ensemble »
Maurice Zundel « Silence Parole de Vie »

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