Luc 18, 1-8

Avec cette parabole, Jésus veut-il seulement nous encourager à la persévérance ? Peut-être y-a-t-il autre chose dans ce passage d’Evangile. Oui, persévérer dans la prière, mais pour demander quoi ? « Fais-moi justice ! ». Ce qu’exige la veuve, à corps et à cris, c’est la justice. Elle ne lâche rien, à aucun moment, nuit et jour sans doute. Elle est comme enragée et « assomme » le juge de sa requête.
A moulte reprises, l’Evangile nous invite à la confiance, au lâcher-prise. Ici, au contraire, il s’agit de ne rien lâcher ! Nous voilà plongés dans une apparente contradiction. Tout est donné, mais il convient de demander. Tout est acquis, mais il faut désirer. Pourquoi ? Parce que nous ne sommes pas encore dans le plein accomplissement du Royaume. « Parce que l’Evangile souligne sans cesse la tension entre l’espérance, ancrée dans cette justice à laquelle Jésus donne Visage, et le combat à mener pour la justice dans le monde. Jésus, à travers cette parabole, nous raconte que la Justice veut engendrer des assoiffés de Justice. Dieu cherche des complices à son propre entêtement. Il attend de nous la rage, la ruse, la permanence dans ce combat pour qu’Il règne pleinement. » (M.Muller-Colard)
« Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » La foi, c’est bien sûr la confiance, l’espérance. Mais c’est aussi ce désir que Dieu a placé en nous et dans lequel il sème sa propre espérance : la soif de justice.

« Tant que le monde criera nous attendrons de toi
que justice soit rendue et que justice soit faite.
Peu à peu notre soif et notre révolte feront s’effriter
les remparts qui se dressent entre le monde et ton Royaume. »

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