Luc 24, 13-35

« A l’instant même, ils partirent et retournèrent à Jérusalem. »

Que s’est-il passé pour que ces deux hommes pour qui plus rien n’existe, fassent subitement volte face pour retourner en pleine nuit sur ce lieu d’horreur qu’ils viennent de fuir ? Probablement un cheminement sur une route dont on ignore précisément la distance, vers un lieu jusque-là non identifié…
Le chemin de chacune de nos vies peut-être, quand il nous arrive un jour de toucher le gouffre du non sens. Car c’est là que le Ressuscité se tient au plus près. Empêchés de le reconnaître nous ne pouvons que déverser notre souffrance ; dans sa tendresse il veut laisser monter vers lui notre révolte, notre désespoir le plus profond. Il a éprouvé cela dans sa propre chair. Toutes les pages de l’Ecriture en parlent. Et nous voici soudain si attirés par cet inconnu que nous le prions de s’asseoir à notre table. Alors le pain rompu ouvre les yeux des voyageurs, de passage sur cette terre, à une invisible et brûlante Présence. Leur prompte remise en route en témoigne. Une foi vive les fait revenir sans délai sur le même lieu devenu tout autre.
Désormais, par eux, par nous aujourd’hui, dans les retournements, les conversions de notre vie quotidienne, le Seigneur ressuscité continue de se manifester aux plus égarés de notre terre qu’il cherche depuis toujours à cœur perdu. Christ est là ! Au milieu de nous jusqu’à la fin des temps ! Il est Vivant !

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