Marc 8, 34 – 9,1

© Arson, Résus

Chacun porte le souci légitime et responsable « d’assurer » sa vie et celles de ses proches. Néanmoins, l’appel à marcher à la suite du Christ nous inscrit dans une logique radicalement autre et toujours paradoxale, celle de perdre sa vie et pourtant la sauver, d’être nourri, sans semer ni moissonner, d’être vêtu, sans filer ni peiner.

Subtile équilibre entre confiance et engagement, engagement et confiance. Mais plus encore, notre « être-disciple » suppose pour chacun, de porter sa croix, « celle qui nous est réservée, et pas une autre, celle qui est adhérente à notre être même et inséparable du déroulement de nos journées » (René Voillaume, Chemin de croix). Le chemin de Jésus n’a pas été autre, dans son « être-Fils du Père ». C’est là une sorte de loi de la vie spirituelle : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12, 24).

Jésus y a consenti, « de nuit », car sans voir les fruits, avant de s’endormir dans la mort. Mystérieuse fécondité à laquelle nos libertés sont conviées : « Il faut porter la souffrance pour qu’elle passe. Ou bien, c’est le monde qui doit la porter et c’est sa perte, ou bien c’est elle qui retombe sur le Christ, et la voici vaincue par lui. C’est ainsi que le Christ souffre à la place du monde. Seule sa souffrance est une souffrance rédemptrice. Mais la communauté sait aussi que la souffrance du monde est à la recherche de quelqu’un qui la porte. De sorte que, dans l’obéissance au Christ, la souffrance retombe sur la communauté, et elle la porte en étant elle-même portée par le Christ. La communauté de Jésus Christ se tient devant Dieu à la place du monde dans la mesure où elle le suit sous la croix » (D. Bonhoeffer, Vivre en disciple).

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