Matthieu 11, 28-30

Se porter les uns les autres

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Icône de la Compassion, Sr Esther, Février 2015 © CSJ Mechref

Jésus nous lance une invitation : « Venez à moi » (v.28). Et c’est un appel ouvert à tous, mais à la condition d’avoir besoin d’aide, d’avoir besoin de lui, de reconnaître que l’on ne peut pas faire tout seul.
Jésus s’adresse à tous ceux qui plient sous le poids du fardeau, sous le poids des soucis, sous le poids de la vie. Il se propose à tous ceux qui s’échinent sur le dur métier de la condition humaine.
Pourquoi à ceux là ?
Parce que Jésus est venu sauver, réparer, délivrer, ressusciter ; et que pour avoir lui-même embrasser la Croix de toute douleur, il est infiniment proche de toutes les détresses et souffrances humaines.

Jésus ne propose pas de porter leur fardeau, mais de leur donner le sien, en les assurant qu’il est facile et léger (v.30).
Mais que signifie porter le joug du Christ ?
Sans doute se mettre à son école et à son exemple : à l’école du Père qui peut tout pour nous, et à l’école du frère qui attend tout de nous. Ainsi s’opère un double décentrement qui nous rend espérant et bienveillant, confiant et compatissant. Là est le levier de tout poids et de toute charge et surcharge, parce qu’à l’intérieur de nous quelqu’un d’autre que nous s’en est chargé.

La foi, c’est-à-dire la confiance et la fiabilité que nous accorderons à cette parole, est notre disposition à accueillir ce quelqu’un d’autre qui déjà travaille en nous. Elle n’est autre chose qu’un don en nous, pour nous tourner les uns vers les autres et apprendre à nous aimer, c’est-à dire nous porter les uns les autres.
Ainsi portés, nous nous engageons à porter. C’est cela qui allège et nous donne le cœur en repos, léger et content, non pas que nous portons moins (peut-être même que nous porterons plus !), mais différemment.

Quelques extraits de l’homélie de frère Guillaume

 

 

Un commentaire

  1. « VENEZ À MOI, VOUS TOUS QUI PEINEZ SOUS LE POIDS DU FARDEAU, ET MOI, JE VOUS PROCURERAI LE REPOS … POUR VOTRE ÂME. MON JOUG EST FACILE À PORTER, ET MON FARDEAU, LEGER » (Mt 11, 28-30). Il arrive des fois où le poids des difficultés est si lourd qu’il devient impossible d’avancer et même de trouver la joie et la paix intérieure. ainsi, l’Homme perd le goût à la vie, tout devient triste autour de nous, plus rien ne motive à avancer. Or, il s’agit de trouver le joug meilleur, le moins pesant possible. Le joug est une pièce de bois qui permet d’attacher deux animaux, pour qu’ils marchent ensembles, afin de bien labourer la terre ou tirer un chariot. DIEU ne nous demande pas toujours nécessairement d’abandonner nos fardeaux, mais bien plus de nous associer à LUI, afin de mieux œuvrer avec ensemble. Car, avec LUI, nos fardeaux sont plus légers ; avec LUI, nos forces sont redoublées ; avec LUI, nous ressentons moins le poids de la vie et des souffrances. Si le joug en soi permet de maintenir les animaux qui cheminent ensemble vers un même horizon, il leur permet aussi de se soutenir dans l’effort. Il en va ainsi de celui qui associe DIEU dans tous ses projets et ses actions. Car, seul on avance certes, mais pas pour longtemps ; à deux, on va plus loin, sûrs et certains. Car, la complémentarité ou encore la mutualité est la voie qui met ensemble les différences et permet d’unir les forces, pour un meilleur rendement. Combien plus il serait important pour nous, d’unir nos forces limitées à celle illimitée de DIEU, pour un meilleur rendement en tout ce que nous entreprenons. DIEU sait combien sont pesants nos fardeaux ; IL voit chaque jour le poids de nos souffrances et de nos peines. C’est pourquoi son invitation est toujours actuelle, afin de procurer le repos à nos âmes préoccupées par tant de soucis, angoissées par un futur incertain. Or, ce futur ne peut pas être meilleur, si nos âmes ne connaissent pas avant tout le repos et la sérénité. Et cette sérénité intérieure, la paix du cœur, seul DIEU peut nous la procurer. IL a certes un fardeau, mais un fardeau léger, qui ne nous maintient pas éternellement esclave. Bonne journée de méditation et de travail
    Abbé ACHILLE KANDI, Archidiocèse de Bertoua

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