Matthieu 12, 46-50

© Sr Valérie C.S.J.

Jésus élargit sa parenté. Celle-ci ne se réduit pas au lien du sang, mais s’ouvre à tous ceux qui font la volonté de son Père (v50). Faire la volonté du Père est la clé pour entrer dans le Royaume des Cieux (Matthieu 7, 21).
Ce Royaume, Thérèse d’Avila le voit comme le lieu où l’on « s’y réjouit de la joie de tous… dans un bonheur profond de voir tous les élus sanctifier et louer le Seigneur, bénir son nom, sans qu’il ne se trouve personne pour l’offenser. Tous l’aiment, et l’âme n’a d’autre occupation que de l’aimer, et elle ne peut cesser de l’aimer parce qu’elle le connait » (Chemin de perfection Chap. 30 §5).
Aimer Dieu et aimer le prochain (quiconque dont on se fait proche) de l’amour même dont Dieu l’aime, c’est accomplir toute la loi (Matthieu 22, 37-40). Si un certain détachement vis-à-vis de sa parenté semble nécessaire (Matthieu 10, 37), n’est-ce pas pour entrer dans une plus grande liberté d’aimer et pour recevoir du Christ la capacité de regarder quiconque, sa parenté comprise, comme frère et sœur, c’est-à-dire les membres précieux de son corps ?

Un commentaire

  1. Saint Mathieu 19,29: Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle.
    En posant sa question dans cette péricope Jésus, selon moi, nous invite à une réflexion qui nous décentre d’une représentation erronée, non spirituelle, et qui n’élargie pas mais rompt des liens avec notre « maison » devenue une prison. Quitter n’est pas abandonner mais ne pas rester, s’établir pour sortir, exister. « Nous passons plus de temps à nous efforcer d’embellir les murs de notre prisons que d’en sortir » Cette nouvelle relation filiale tournée vers son Père, vers notre Père, nous sauve de la mort, nous guérit et nous libère d’un amour, dont les grandes lignes témoignent le plus souvent d’un amour narcissique et possessif, surtout de la part des parents, reproduisant leurs propres blessures, et ne laissant peu voir pas de place à l’Altérité, à l’enfant.

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