Matthieu 15, 21-28

Quelle  obéissance dans l’agir de Jésus ! N’a-t-il pas lui-même envoyé ses disciples « vers les brebis perdues de la maison d’Israël », (10,6) selon le dessein du Père pour son peuple choisi qui, depuis des siècles est en attente d’un Messie ?  Nous voyons Jésus attentif  aux signes de l’Esprit : il vient de constater que les plus instruits de son peuple ne sont que « des aveugles qui guident d’autres aveugles » (15,14) Empli d’Esprit Saint, Jésus ne peut qu’être bouleversé au plus profond de lui-même par la détresse de cette païenne qui le supplie au nom de son titre messianique : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! » Son cœur de chair s’émerveille et comprend le dessein du Père.  Lui, la lumière qui vient dans le monde n’y entre que là où la porte s’ouvre. Voici que dans les cris de cette humble femme, c’est le vaste monde des nations qui accourt  pour mendier instamment les miettes de sa grâce.Dans sa mission Jésus n’est pas esclave d’un programme intouchable, encore moins de la pression idéologique de son entourage. Résolument, pas à pas,  il fait le choix absolu d’une intime dépendance à la volonté de celui qui l’envoie : « Un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie » (Jn 13,16) « Si dans un seul cœur se trouvaient réunis tout ce poids d’abandon, cette soumission,  la figure de ce monde sûrement changerait. Car ce seul cœur vous livrerait passage. »°

Attitude réjouissante mais combien exigeante pour l’Eglise en mission aujourd’hui !

° Madeleine Delbrêl : « Joies venues de la Montagne »

Un commentaire

  1. En général l’expression se retirer est utilisée pour désigner un repos, un désengagement ici rien de tout cela, bien au contraire, Jésus va au devant des régions païennes cad qui n’on pas reçu la révélation. Parallèlement une femme autant dire une partie de l’humanité ou de chacun de nous venue de ces territoires, cad sortie de ces territoires, vient à la rencontre de Jésus reconnaissant non seulement ce que les mieux préparés n’ont pas vu mais en plus que, sans Jésus, sa fille cad sa progéniture est condamnée à rester tourmentée par un démon. En d’autres termes que l’humanité n’a pas à elle seule les moyens de se libérer, pire encore que , sans Jésus venue pour la sauver, elle va à sa mort, à moins qu’elle n’offre effectivement, énamourée, abandon et soumission « Que ta volonté soit faite »

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