Matthieu 24, 42-51

Aux avant-postes
matthieu24_42-51Jésus invite ses disciples à la veille et à la vigilance, mais comment les garder quand l’attente se fait longue ? Comment garder au cœur ce sentiment d’urgence quand la routine s’installe ? S’agirait-il seulement de la prière ?
La parabole du bon et du mauvais serviteur peut nous aider à réfléchir. Jésus appelle en chacun le serviteur fidèle, la figure responsable et consciente de la charge et de la mission reçue. Il s’agirait peut-être d’un état, de cet état de service et de disponibilité en soi, aux autres et pour Dieu à continuer son œuvre, que ce soit par la prière ou l’action.
Le Pape François appelle cet état, dans sa nouvelle constitution pour les moniales, « l’exode du soi autocentré » où chaque personne découvrant son insuffisance, « se met en chemin, attiré par le visage du Dieu saint et, en même temps, par « la terre sacrée de l’autre », pour expérimenter une communion plus profonde. »
Or nous savons tous que pour ceux-là et pour tous les chercheurs de Dieu, le temps presse, le temps humain semble même trop court et leur fait regretter de ne jamais en avoir fait assez.
Il y aura toujours à visiter, donner à manger, habiller, soigner des frères et de sœurs qui sont en prison, migrants, réfugiés et persécutés, des familles blessées, des personnes sans travail, des pauvres, des malades, des victimes des dépendances …
C’est à ces « avant-postes » que se tiennent les bons serviteurs dont le monde et l’Église ont besoin. « Soyez phares, pour ceux qui sont proches et surtout pour ceux qui sont loin. Soyez flambeaux qui accompagnent le chemin des hommes et des femmes dans la nuit obscure du temps. Soyez sentinelles du matin qui annoncent le soleil levant. »
Citations prises dans la Constitution apostolique du Pape François : « Vultum dei quaerere » sur la vie contemplative féminine, 29 juin 2016.

2 commentaires

  1. « VEILLEZ, CAR VOUS NE SAVEZ PAS QUEL JOUR VOTRE SEIGNEUR VIENT… HEUREUX CE SERVITEUR QUE SON MAITRE, EN ARRIVANT, TROUVERA EN TRAIN D’AGIR AINSI !… IL L’ETABLIRA SUR TOUS SES BIENS » (Mt 24, 42-51). Si l’Homme pouvait tout prévoir à l’avance, il n’aurait certainement plus la possibilité d’attendre, c’est-à-dire de veiller, de développer la vertu de la patience. Ainsi, nous veillons, parce que quelque chose nous échappe, parce que nous n’avons pas toute la maîtrise nécessaire du temps, mais aussi parce qu’un imprévu existe et est toujours possible. Veiller c’est donc maintenir une certaine flamme allumée : la flamme de la foi, de l’amour, de l’espérance, de la patience. C’est aussi assumer la responsabilité d’être garant d’un bien, d’une richesse qui nous a été confiés et que nous ne voulons pas perdre. Le fait de veiller nous rend plus attentifs à nous-mêmes, à DIEU et à tout ce qui se passe autour de nous. Le fait de veiller augmente donc les réflexes de l’Homme. DIEU nous recommande de veiller, parce que l’Homme ne peut pas tout prévoir à l’avance. Mais, ne pas être capable de tout prévoir à l’avance, n’est pas un signe de faible de notre part, mais, un moyen de faire intervenir la foi, la prière et la confiance en DIEU, dans notre vie quotidienne. Nous pouvons faire des estimations sur nos rendements, sur nos bénéfices matériels, économiques, mais il y aura des dimensions de la vie humaine, aussi capitales que les biens matériels, qui seront toujours hors de portée. D’où l’importance de garder les lampes de la foi allumées. Car, là où l’intelligence et les prévisions humaines trouvent leurs limites, c’est là que la grâce divine commence son action. Parce que si l’on ne peut plus veiller, cela suppose aussi qu’on ne peut plus garder les lampes de la foi allumée ; du coup, tout projet à long terme s’écroule et l’Homme sombre dans le tâtonnement, le doute. Si on ne peut plus veiller, cela signifie qu’on n’est plus aussi attentif à l’imprévu. Par conséquent, la vie devient monotone, sans efforts, sans horizon lointain. Car, le fait de veiller nous permet aussi de maintenir le regard sur l’avenir. Bonne journée de méditation et de travail

  2. Dominique Jacquemin

    Encore un grand merci pour ces réflexions, méditations, toujours précieuses.
    Dominique

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